FEMMES COMPOSITRICES (WOMEN COMPOSERS) – ADALBERTO MARIA-RIVA, PIANO

VEL 1526

Femmes compositrices:  Marianne MARTINES : Piano Sonata in A Major: I. Allegro – Piano Sonata in A Major: II. Adagio – Piano Sonata in A Major: III. Tempo di Minuetto – Maria SZYMANOWSKA : Nocturne in B-Flat Major – Fanny HÜNERWADEL : Introductions, Variations et Rondo – Clara SCHUMANN : Drei Romanzen, Op. 21: I. Andante – Drei Romanzen, Op. 21: II. Allegretto. Sehr zart zu spielen – Drei Romanzen, Op. 21: III. Agitato – Cirilla Branca CAMBIASI : Variazioni (First Recording) – Germaine TAILLEFERRE : Romance in A Major – Cécile CHAMINADE : Arabesque No. 2, Op. 92 (First Recording) – Lucia Contini ANSELMI : Sibylla Cumaea, Op. 15 (First Recording) – Amy BEACH : Two Pieces, Op. 54: I. Scottish Legend – Two Pieces, Op. 54: II. Gavotte Fantastique.

Adalberto Maria-Riva, piano.

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Les femmes et le piano: une relation fusionnelle

Le pianiste Adalberto Maria Riva maîtrise le répertoire pianistique courant. Depuis une bonne décennie, la curiosité le pousse toutefois à quitter les sentiers battus et à chercher dans les bibliothèques des œuvres oubliées. Agencer ces œuvres pour en faire des unités thématiques constitue un autre de ses centres d’intérêt, les enregistrements qu’il a publiés par le passé en témoignent. Le dénominateur commun des œuvres données dans le présent CD est qu’elles ont été composées pour le piano par des femmes, au 19 e siècle surtout, dans différents pays européens.

La sélection proposée donne ainsi un tour d’horizon de la musique pour piano du monde occidental, de la sonate viennoise des années 1760 à deux pièces de forme libre écrites aux États-Unis en 1903. Au fil de l’écoute se déroule une histoire de la musique pour piano, écrite par des artistes à la fois femmes compositrices et interprètes. Si, en ce début de 21 e siècle, la question du genre est théoriquement résolue dans le domaine de la musique, il n’en demeure pas moins utile de rappeler le lien très particulier qu’entretenaient les femmes avec le piano à partir de l’émergence d’une culture bourgeoise. Depuis le 18 e siècle, les stéréotypes de genre tendent à confiner la femme à son foyer et à lui conférer un rôle statique de représentation. La bourgeoise idéale est immobile, y compris en musique. Ces dogmes ont durablement freiné les carrières des musiciennes, puisque se déplacer est une nécessité du métier. Ils ont aussi restreint le choix des instruments. L’instrument à clavier est devenu le partenaire privilégié de la femme bourgeoise: la position assise droite, le regard penché, des mouvements de mains relativement limités sont autant de critères qui lui permettent d’exercer l’art musical dans le respect des conventions.

Le 19 e siècle musical a connu plusieurs révolutions, la plus importante étant sans doute qu’à partir de 1800, la musique n’était plus nécessairement fonctionnelle, c’est-à-dire liée à une activité particulière: office divin, danse, parade militaire, représentation, etc. La musique est devenue un art à part entière que l’on pratique et que l’on écoute pour elle-même. La bourgeoisie, soucieuse de se rallier aux loisirs de la noblesse, instaure des espaces de sociabilité musicale à la fois dans le foyer familial et dans les salles de concert. Le piano y occupe une place de choix. Une véritable industrie du piano s’est créée à partir de la fin du 18 e siècle, les inventions et les perfectionnements se succédant à un rythme effréné pour arriver à l’instrument que nous connaissons aujourd’hui.

Parallèlement, le phénomène de l’artiste virtuose itinérant prend son essor en Europe. Le répertoire de piano tient compte de ces situations, créant des pièces pour les différents usages.

En dépit des convenances, des femmes ont rapidement investi les scènes de concert au cours du 19 e siècle. Adulées par le public, elles ont néanmoins eu à affronter la critique musicale et la critique sociale. Une femme sur scène, en s’exposant et en exposant son savoir-faire et ses émotions artistiques, se rendait vulnérable et sa respectabilité était automatiquement compromise. Pire: le pianiste russe Anton Rubinstein disait dans un entretien, en 1892: « L’invasion des femmes dans l’art musical tant sur les instruments que dans la composition date de la seconde moitié de notre siècle [le 19 e ]; j’estime que cette invasion contribue au déclin de notre art. » Il n’est donc pas étonnant que l’historiographie musicale ait peu cultivé le souvenir de la contribution des femmes à la culture musicale.

Le florilège proposé par Adalberto Maria Riva constitue un tour d’horizon des différentes situations de performance musicale, au gré des activités de leurs auteures. Pour quatre de ces œuvres, il s’agit de premiers enregistrements mondiaux.


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