{"id":105004,"date":"2016-10-25T06:14:04","date_gmt":"2016-10-25T04:14:04","guid":{"rendered":"https:\/\/vdegallo.com\/?post_type=product&#038;p=105004"},"modified":"2025-09-02T23:24:10","modified_gmt":"2025-09-02T21:24:10","slug":"schumann-waldszenen-op-82-aldo-ciccolini","status":"publish","type":"product","link":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/produit\/schumann-waldszenen-op-82-aldo-ciccolini\/","title":{"rendered":"Schumann: Waldszenen, Op. 82 &#8211; Carnaval de Vienne, Op. 26 &#8211; Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14 &#8211; Aldo Ciccolini"},"content":{"rendered":"<p><strong>Robert SCHUMANN\u00a0:<\/strong> Faschingsschwank aus Wien, Op. 26: I. Allegro &#8211; II. Romanze &#8211; III. Scherzino &#8211; IV. Intermezzo &#8211; V. Final &#8211; Waldszenen, Op. 82: I. Eintritt &#8211; II. J\u00e4ger auf der Lauer &#8211; III. Einsame Blumen &#8211; IV. Verrufene Stelle &#8211; V. Freundliche Landschaft &#8211; VI. Herberge &#8211; VII. Vogel als Prophet &#8211; VIII. Jagdlied &#8211; IX. Abschied &#8211; Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14 \u00ab\u00a0Concerto without Orchestra\u00a0\u00bb: I. Allegro &#8211; II. Scherzo &#8211; III. Quasi variazioni &#8211; IV. Prestissimo possibile.<\/p>\n<p><strong>Aldo Ciccolini<\/strong>, piano.<\/p>\n<hr \/>\n<h4>L\u2019ICARE DE LA FORME<\/h4>\n<p>\u00ab Mirages litt\u00e9raires, vertige romantique devant l\u2019\u00catre, mat\u00e9rialisme sonore, impressionnisme, d\u00e9sir d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 de pens\u00e9e infinie et de forme finie\u00a0: il y avait l\u00e0 trop de fausses man\u0153uvres en germe \u00bb (<cite>Marcel Beaufils<\/cite>). Ainsi pourrait se d\u00e9finir le geste icarien qui caract\u00e9rise la posture artistique de Schumann. On peut le vouloir po\u00e8te, l\u00e9ger, tourment\u00e9, amoureux, ou m\u00eame fou\u00a0; ce sont l\u00e0 autant d\u2019\u00e9tiquettes qui ne se justifient qu\u2019au regard d\u2019une pr\u00e9occupation fondamentale\u00a0: la forme.<\/p>\n<p>Volontairement \u00e9lud\u00e9e \u00e0 ses d\u00e9buts, elle devint tr\u00e8s vite un souci constant pour ce compositeur hant\u00e9 par le fant\u00f4me de Beethoven, mais fascin\u00e9, appel\u00e9 par la sensibilit\u00e9 romantique.<\/p>\n<p>Alors que concilier une forme classique, qui lui \u00e9chappe, \u00e0 ce mouvement infini qu\u2019il per\u00e7oit dans l\u2019art semble le condamner aux seules esquisses, l\u2019interrogation se r\u00e9v\u00e8le pourtant bien vite porteuse d\u2019une \u00e9nergie cr\u00e9atrice. Le clivage n\u2019en est pas moins grand, mais, dans l\u2019entre-deux, la forme se joue des diff\u00e9rences\u00a0; alors les maladresses, par un truchement de g\u00e9nie, deviennent \u00e9lans de lucidit\u00e9. \u00ab\u00a0Le dynamisme cr\u00e9ateur coud l\u2019id\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e, ravaude, rhapsodique, escamote les grammaires, au nom du perp\u00e9tuel devenir\u00a0\u00bb, dira Marcel Beaufils. Pour que l\u2019id\u00e9e se plie \u00e0 la forme, pour peindre l\u2019infini de l\u2019horizon, il lui faudra d\u2019autres architectures, <em>les siennes<\/em>.<\/p>\n<p>En ce sens, la structure du cycle, telle qu\u2019on la trouve dans les <em>Sc\u00e8nes de la for\u00eat<\/em>, op.\u00a082 (<em>Waldszenen<\/em>), semble r\u00e9concilier le monde int\u00e9rieur avec les exigences de l\u2019\u00e9criture. Entreprise en\u00a01848 et achev\u00e9e l\u2019ann\u00e9e suivante, l\u2019\u0153uvre se situe d\u2019ailleurs dans l\u2019une des p\u00e9riodes les plus f\u00e9condes de la vie du compositeur. En \u00e9cho \u00e0 cette cr\u00e9ativit\u00e9, Schumann retrouve cette simplicit\u00e9 et cette intimit\u00e9 caract\u00e9ristiques des <em>Sc\u00e8nes d\u2019enfants<\/em>, le tout renforc\u00e9 par la pr\u00e9\u00e9minence du ton de si b\u00e9mol majeur qui lui est si cher.<\/p>\n<p>L\u2019univers typiquement romantique impliqu\u00e9 par le th\u00e8me de la for\u00eat s\u2019y conjugue avec le r\u00eave \u00e9veill\u00e9, celui d\u2019un enfant. D\u2019ailleurs, si ce n\u2019est l\u2019\u00e9pisode du \u00ab\u00a0<em>Lieu maudit<\/em>\u00a0\u00bb, plus sombre que les autres tableaux, la lumi\u00e8re n\u2019y est jamais noire, mais bien plut\u00f4t cr\u00e9pusculaire. De l\u2019innocence de \u00ab\u00a0<em>Entr\u00e9e en for\u00eat<\/em>\u00a0\u00bb \u00e0 la gaiet\u00e9 d\u2019un d\u00e9tour \u00e0 \u00ab\u00a0<em>l\u2019Auberge<\/em>\u00a0\u00bb, de la brillance de la \u00ab\u00a0<em>Chanson de la chasse<\/em>\u00a0\u00bb jusqu\u2019au lyrisme doucement contenu de \u00ab\u00a0<em>l\u2019Adieu \u00e0 la for\u00eat<\/em>\u00a0\u00bb, Schumann reste avant tout un peintre, un po\u00e8te.<\/p>\n<p>L\u2019univers quasi fantastique \u2014 le pr\u00e9cieux <em>Wald<\/em> du romantisme allemand des <em>Sc\u00e8nes de la for\u00eat<\/em> \u2014, ce monde imaginaire, Schumann y plonge, mais en revient in\u00e9luctablement, fort d\u2019une nouvelle r\u00e9alit\u00e9. Comme le dirait Stricker\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a, dans l\u2019\u00e9criture m\u00eame de sa musique, une \u00e9tonnante capacit\u00e9 \u00e0 passer de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du miroir.\u00a0\u00bb Entre r\u00e9alit\u00e9 et fiction, on ne sait plus choisir, et c\u2019est la m\u00eame ambigu\u00eft\u00e9 que d\u00e9veloppe le <em>Carnaval de Vienne, op.\u00a026<\/em>, compos\u00e9 bien plus t\u00f4t, en 1839. C\u2019est de son s\u00e9jour \u00e0 Vienne, ville qu\u2019il trouvera superficielle et frivole, que ce fougueux jeune homme de vingt-neuf ans ram\u00e8ne cette \u0153uvre inspir\u00e9e. Tr\u00e8s diff\u00e9rent du <em>Carnaval<\/em>, op.\u00a09, compos\u00e9 quatre ans plus t\u00f4t, celui-ci expose ses cinq mouvements, bien plus \u00e0 la mani\u00e8re de la suite ou de la libre sonate que comme une succession de sc\u00e8nes. Schumann s\u2019y fait sans doute moins portraitiste qu\u2019il ne cherche une ambiance, asseyant d\u00e8s l\u2019<em>Allegro<\/em> initial le caract\u00e8re bruyant et populaire de cette f\u00eate masqu\u00e9e. Les \u00e9pisodes se succ\u00e8dent ici, m\u00ealant l\u2019hommage \u00e0 Schubert puis \u00e0 Beethoven, avec une citation de <em>La Marseillaise<\/em>, v\u00e9ritable affront \u00e0 la censure de Metternich. Suivent ensuite quatre volets plus concis\u00a0: une m\u00e9lancolique <em>Romance<\/em> qui contraste bri\u00e8vement avec la densit\u00e9 et l\u2019ampleur du premier mouvement, un <em>Scherzo<\/em> plein de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et, enfin, un <em>Intermezzo<\/em> dont l\u2019expression passionn\u00e9e n\u2019a d\u2019\u00e9gal que la force et la brillance du <em>Finale<\/em>.<\/p>\n<p>Ici encore, Schumann cherche la ma\u00eetrise de la forme, s\u2019en joue, tant\u00f4t en s\u2019en d\u00e9tachant compl\u00e8tement, tant\u00f4t en la d\u00e9viant de sa structure originale. Mais comme \u00ab\u00a0il faut bien travailler quand il est jour\u00a0\u00bb, il se tourne aussi bient\u00f4t vers le <em>lied<\/em>, la musique de chambre, l\u2019orchestre. Les compositions s\u2019accumulent, le musicien s\u2019use \u00e0 reconqu\u00e9rir des formes qui ne correspondent d\u00e9j\u00e0 plus \u00e0 sa subjectivit\u00e9. L\u2019histoire de la <em>Sonate<\/em> op.\u00a014 \u2014 <em>Concert sans orchestre<\/em> \u2014 en est plus que r\u00e9v\u00e9latrice. Dat\u00e9e de\u00a01836 et publi\u00e9e peu apr\u00e8s, elle est contemporaine des autres sonates, tout en s\u2019en diff\u00e9renciant grandement par sa complexit\u00e9 et la richesse de son \u00e9criture (cinq mouvements dont deux <em>scherzos<\/em>). Mais si Liszt adorait l\u2019\u0153uvre, la difficult\u00e9 de la partition, ainsi que le peu d\u2019orthodoxie de sa forme, suscitent des commentaires mitig\u00e9s, \u00e0 commencer par l\u2019\u00e9diteur qui pousse Schumann \u00e0 adapter le titre\u00a0: tronqu\u00e9e de ses deux <em>scherzos<\/em>, et le premier mouvement encore retravaill\u00e9, la <em>Sonate<\/em> op.\u00a014 se nommera alors <em>Concert sans orchestre<\/em>.<\/p>\n<p>Mais en\u00a01853, Schumann fait para\u00eetre une seconde \u00e9dition, reprenant la forme primitive du premier mouvement, et ins\u00e9rant, apr\u00e8s cet <em>Allegro<\/em>, le deuxi\u00e8me <em>Scherzo<\/em>. La pi\u00e8ce troque une fois de plus son nom pour s\u2019appeler <em>Troisi\u00e8me Grande Sonate<\/em>, op.\u00a014. C\u2019est une \u0153uvre mixte qui porte en elle les pr\u00e9mices, non reni\u00e9s, de la maturit\u00e9\u00a0: une \u0153uvre t\u00e9moin de la coh\u00e9rence organique de toute l\u2019\u0153uvre de Schumann, malgr\u00e9 les dix-sept ans qui s\u00e9parent les deux \u00e9ditions. Dans l\u2019intensit\u00e9 des pages de l\u2019<em>Allegro<\/em>, comme dans les tourbillons et l\u2019ivresse du <em>Finale<\/em>, c\u2019est non seulement le jeune romantique qui parle, mais aussi cette instabilit\u00e9 profonde de l\u2019\u00e2me qui appara\u00eet et pr\u00e9figure la folie des derniers jours. Dans le <em>Scherzo<\/em> (II), si propice aux d\u00e9lires formels, on trouve cette audace et ce go\u00fbt du fantastique qui ne le quittera pas\u00a0; dans les <em>Quasi Variazioni<\/em>, cette angoisse sourde, cette inqui\u00e9tude perp\u00e9tuelle qui le rongera au profit de son art.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vous ne comprendrez l\u2019esprit que lorsque vous serez ma\u00eetres de la forme\u00a0\u00bb, recommandait-il aux jeunes musiciens\u00a0: conseil dont il fera la qu\u00eate de toute une vie. Sans doute avec g\u00e9nie, mais en se br\u00fblant les ailes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Extraits \/ Excerpts<\/strong><\/p>\n[playlist images=\"false\" ids=\"10265,10269,10275,10268,10277,10271,10267,10266,10270,10281,10272,10282,10279,10273,10276,10278,10280,10274\"]\n","protected":false},"featured_media":105006,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false},"product_brand":[],"product_cat":[5218,5178],"product_tag":[],"class_list":["post-105004","product","type-product","status-publish","has-post-thumbnail","vde_composers-schumann-robert","vde_interprets-ciccolini-aldo","product_cat-cascavelle-fr","product_cat-piano-seul","first","outofstock","taxable","shipping-taxable","purchasable","product-type-simple"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product\/105004","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product"}],"about":[{"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/product"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=105004"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/105006"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=105004"}],"wp:term":[{"taxonomy":"product_brand","embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product_brand?post=105004"},{"taxonomy":"product_cat","embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product_cat?post=105004"},{"taxonomy":"product_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product_tag?post=105004"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}