{"id":37355,"date":"2016-10-24T19:39:57","date_gmt":"2016-10-24T17:39:57","guid":{"rendered":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/?post_type=product&#038;p=37355"},"modified":"2025-05-28T10:05:00","modified_gmt":"2025-05-28T08:05:00","slug":"gustav-mahler-das-lied-von-der-erde-hedwig-fassbender-james-wagner-ensemble-contrechamps-armin-jordan","status":"publish","type":"product","link":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/produit\/gustav-mahler-das-lied-von-der-erde-hedwig-fassbender-james-wagner-ensemble-contrechamps-armin-jordan\/","title":{"rendered":"Gustav Mahler: Das Lied von der Erde &#8211; Hedwig Fassbender, James Wagner &#8211; Ensemble Contrechamps, Armin Jordan"},"content":{"rendered":"<p><strong>Gustav MAHLER: Das Lied von der Erde<\/strong><\/p>\n<p>Das Lied von der Erde: I. Das Trinklied vom Jammer der Erde &#8211; Das Lied von der Erde: II. Der Einsame im Herbst &#8211; Das Lied von der Erde: III. Von der Jugend &#8211; Das Lied von der Erde: IV. Von der Sch\u00f6nheit &#8211; Das Lied von der Erde: V. Der Trunkene im Fr\u00fchling &#8211; Das Lied von der Erde: VI. Der Abschied.<\/p>\n<p><strong>Hedwig Fassbender,<\/strong> mezzo-soprano &#8211; <strong>James Wagner,<\/strong> t\u00e9nor &#8211; <strong>Ensemble Contrechamps, Armin Jordan,<\/strong> direction.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.contrechamps.ch\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.contrechamps.ch<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Gustav Mahler: Das Lied von der Erde (Le Chant de la Terre), transcription d\u2019Arnold Schoenberg et Rainer Riehn<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est en automne 1921 que Schoenberg entreprit la r\u00e9duction du <em>Lied von der Erde<\/em> (1907-08) de Gustav Mahler pour une formation de chambre. Elle \u00e9tait destin\u00e9e aux concerts organis\u00e9s par la \u00abSoci\u00e9t\u00e9 pour les ex\u00e9cutions musicales priv\u00e9es\u00bb qu&rsquo;il avait fond\u00e9e en 1918 \u00e0 Vienne pour faire conna\u00eetre la musique de son \u00e9poque dans des conditions artistiques optimales. L&rsquo;Association voulait rompre avec le conservatisme et la routine de la vie musicale officielle, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9nonc\u00e9s et combattus par Mahler \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;Op\u00e9ra, ainsi qu&rsquo;avec le poids des pr\u00e9jug\u00e9s et les critiques de la presse, tout en comblant les nombreuses lacunes de la vie musicale viennoise. Au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1921, Schoenberg avait d\u00e9j\u00e0 adapt\u00e9 pour un petit ensemble les <em>Lieder eines fahrenden Gesellen<\/em>, dat\u00e9s de 1884-85, et qui furent jou\u00e9s lors du 43e concert de la Soci\u00e9t\u00e9. Il est significatif que Schoenberg se soit attach\u00e9 aux deux \u0153uvres de Mahler qui, aux deux extr\u00eames de sa production, ont la plus forte r\u00e9sonance juive. Il avait alors entrepris un retour vers sa religion d&rsquo;origine (apr\u00e8s sa conversion au protestantisme \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de dix-huit ans) notamment sous la pression de l&rsquo;antis\u00e9mitisme croissant. Dans les deux \u0153uvres de Mahler, la figure romantique du \u00abWanderer\u00bb cache \u00e0 peine celle du juif errant, et la terre n&rsquo;exalte ni la m\u00e8re patrie, ni le sol sur lesquels devait germer la mythologie nazie, mais le lieu d&rsquo;un impossible ancrage et d&rsquo;une d\u00e9chirure: une terre inaccessible, d\u00e9rob\u00e9e. Ces th\u00e8mes existaient d\u00e9j\u00e0 dans l&rsquo;\u0153uvre de Schoenberg. Il n&rsquo;est pas impossible que l&rsquo;auteur de <em>Jakobsleiter<\/em> ait ressenti l&rsquo;\u0153uvre de Mahler comme l&rsquo;expression de son propre malaise et de son propre d\u00e9sarroi: six mois apr\u00e8s son travail sur les <em>Lieder eines fahrenden Gesellen<\/em> et six mois avant celui sur le <em>Lied von der Erde<\/em>, en \u00e9t\u00e9 1921, il fut en effet refoul\u00e9 de la r\u00e9gion de Salzbourg o\u00f9 il avait l&rsquo;habitude de passer ses vacances, parce qu&rsquo;il \u00e9tait juif. Les deux lettres terribles qu&rsquo;il envoya en 1923 \u00e0 son ancien ami, le peintre Vassily Kandinsky, t\u00e9moignent de l&rsquo;importance de cet \u00e9pisode biographique ainsi que de sa lucidit\u00e9 vis-\u00e0-vis des cons\u00e9quences tragiques qu&rsquo;un tel rejet devait avoir.<\/p>\n<p>Le travail sur le <em>Lied von der Erde<\/em> resta pourtant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;\u00e9bauche. Schoenberg avait inscrit les principes de la r\u00e9duction sur la page de garde de la partition d&rsquo;orchestre puis en avait men\u00e9 la r\u00e9alisation, toujours sur la partition d&rsquo;orchestre, jusqu&rsquo;\u00e0 la mesure 178 du premier chant. \u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur du cercle schoenbergien, les travaux de r\u00e9duction et de transcription, comme la pr\u00e9paration des concerts, \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme une t\u00e2che collective: il est possible que Schoenberg ait ainsi pr\u00e9par\u00e9 le travail d&rsquo;un assistant. Le prospectus de novembre 1921 annonce d&rsquo;ailleurs l&rsquo;\u0153uvre pour la saison suivante dans une transcription de Webern&#8230; mais on n&rsquo;en a jamais trouv\u00e9 trace nulle part. L&rsquo;abandon du projet est sans doute li\u00e9 au fait que la Soci\u00e9t\u00e9 dut alors cesser ses activit\u00e9s pour des raisons financi\u00e8res.<\/p>\n<p>[show_more more=\u00a0\u00bbAfficher la suite\u00a0\u00bb less=\u00a0\u00bbMasquer la suite\u00a0\u00bb]<\/p>\n<p>R\u00e9duire une \u0153uvre orchestrale pour un ensemble restreint \u00e9tait encore une d\u00e9marche rare, et elle est apparue tardivement au sein de la Soci\u00e9t\u00e9; on pratiquait en revanche beaucoup les r\u00e9ductions pianistiques de symphonies (et notamment celles de Mahler qui y \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement jou\u00e9es). Les principes d&rsquo;adaptation d\u00e9fendus par Schoenberg peuvent se r\u00e9sumer par cette remarque de Rainer Riehn: \u00abR\u00e9duire sans rien perdre\u00bb. Il ne s&rsquo;agit pas de repenser original et de le reformuler d&rsquo;une autre mani\u00e8re, comme Busoni le fit notamment sur l&rsquo;une des pi\u00e8ces pour piano de Schoenberg (sans convaincre d&rsquo;ailleurs son auteur), mais d&rsquo;aller au c\u0153ur m\u00eame de la pens\u00e9e musicale, d&rsquo;atteindre le noyau musical et spirituel de l&rsquo;\u0153uvre. En d\u00e9gageant les voix de la masse orchestrale, Schoenberg souligne leur fonction structurelle et leur force expressive, conform\u00e9ment \u00e0 ses propres exigences en tant que compositeur. Mais en m\u00eame temps, il renforce une tendance propre \u00e0 la musique de Mahler, notamment \u00e0 partir des <em>Kindertotenlieder<\/em> et de la <em>Cinqui\u00e8me Symphonie<\/em>: la recherche d&rsquo;une \u00e9criture instrumentale qui mette en \u00e9vidence les structures polyphoniques et qui, par l&rsquo;utilisation de combinaisons souvent proches de la musique de chambre (qu&rsquo;on pense au d\u00e9but des <em>Kindertotenlieder<\/em>), \u00e9limine des effets orchestraux s\u00e9duisants mais superficiels. L&rsquo;\u00e9criture de Mahler, par sa rigueur, brise l&rsquo;esth\u00e9tique de l&rsquo;imitation au profit d&rsquo;une esth\u00e9tique de la distanciation: la sentimentalit\u00e9, chez lui, se pr\u00e9sente toujours au second degr\u00e9, de m\u00eame que les marches et les landler. Le maniement virtuose de l&rsquo;orchestre, fond\u00e9 sur la magie des sonorit\u00e9s, c\u00e8de aux exigences de la construction musicale et de l&rsquo;expression int\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Schoenberg a respect\u00e9 la distribution instrumentale d&rsquo;origine, selon le principe que les m\u00eames couleurs et les m\u00eames rapports sonores doivent \u00eatre conserv\u00e9s dans un format r\u00e9duit: les lignes principales sont donc affect\u00e9es aux m\u00eames instruments, l&rsquo;harmonium et le piano se chargeant des voix secondaires et des instruments manquants: le premier remplace les seconds pupitres de vents, le second joue certaines phrases solistes, comme celles de la trompette et de la harpe; l&rsquo;un et l&rsquo;autre compl\u00e8tent les harmonies. L&rsquo;effectif tend \u00e0 la meilleure int\u00e9gration possible; seul le piano pose probl\u00e8me: sa fusion dans la sonorit\u00e9 de l&rsquo;ensemble d\u00e9pend beaucoup de l&rsquo;interpr\u00e8te.<\/p>\n<p>La r\u00e9duction met en \u00e9vidence une autre caract\u00e9ristique de l&rsquo;\u00e9criture mahl\u00e9rienne, souvent masqu\u00e9e par le poids de la sonorit\u00e9 orchestrale: l&rsquo;absence des basses comme fondement harmonique et rythmique. Il en r\u00e9sulte un libre jeu des figures m\u00e9lodiques qui se d\u00e9ploie entre tonalit\u00e9 et modalit\u00e9 et engendre un contrepoint tout sauf acad\u00e9mique. Le caract\u00e8re extr\u00eamement cisel\u00e9 des lignes, dans toutes les voix, est accus\u00e9 par les timbres solistes et le poids des vents par rapport aux cordes. La r\u00e9duction est donc, dans une certaine mesure, une analyse de l&rsquo;\u0153uvre. Elle tire l&rsquo;orchestre mahl\u00e9rien vers l&rsquo;\u00e9conomie propre aux compositions de l&rsquo;\u00c9cole de Vienne, depuis la <em>Symphonie de chambre opus 9<\/em> de Schoenberg (1906) jusqu&rsquo;aux \u0153uvres \u00e9crites par les trois Viennois au d\u00e9but des ann\u00e9es vingt. Elle fait appara\u00eetre, plus cr\u00fbment que la version d&rsquo;origine, le caract\u00e8re archa\u00efque des sonorit\u00e9s et des figures musicales arrach\u00e9es au monde de l&rsquo;enfance et \u00e0 la nostalgie qui s&rsquo;y rattache, ce m\u00e9lange de sentimentalit\u00e9 fin de si\u00e8cle, de m\u00e9lancolie existentielle et d&rsquo;auto-ironie, objectiv\u00e9 par un diatonisme qui rompt avec l&rsquo;h\u00e9ritage wagn\u00e9rien. L&rsquo;expression du Sujet n&rsquo;est path\u00e9tique que dans la distance, dans la brisure d&rsquo;une \u00abprose secou\u00e9e de sanglots\u00bb, comme l&rsquo;a si bien dit Adorno. L&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e dans un souffle \u00e0 la fin de l&rsquo;<em>Abschied<\/em> ne scelle pas, comme chez Wagner (dont la mort d&rsquo;Isolde r\u00e9sonne en arri\u00e8re-plan) une r\u00e9conciliation ultime avec le monde, mais une irr\u00e9m\u00e9diable d\u00e9chirure, un \u00e9loignement et une perte, une dissolution.<\/p>\n<p>Les relations entre Schoenberg et Mahler \u00e9taient fond\u00e9es sur la solidarit\u00e9, l&rsquo;amiti\u00e9 et admiration. Mahler avait courageusement soutenu le compositeur rejet\u00e9 par l&rsquo;establishment viennois, notamment lors des concerts houleux dans lesquels ses \u0153uvres avaient fait scandale; il l&rsquo;aida financi\u00e8rement \u00e0 plusieurs reprises. Schoenberg, qui lui d\u00e9dia son <em>Trait\u00e9 d&rsquo;Harmonie<\/em> de 1911, d\u00e9fendit sa musique avec une v\u00e9ritable d\u00e9votion jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort. Alma rapporte que Mahler, mourant, pensait encore \u00e0 celui qu&rsquo;il consid\u00e9rait comme son v\u00e9ritable fils spirituel: \u00abSi je m&rsquo;en vais, il ne lui restera personne\u00bb.<\/p>\n<p>Rainer Riehn a repris l&rsquo;\u00e9bauche de Schoenberg au point o\u00f9 celui-ci l&rsquo;avait laiss\u00e9e, compl\u00e9tant la partition dans le m\u00eame esprit et r\u00e9solvant les nombreux probl\u00e8mes qu&rsquo;il rencontrait par l&rsquo;\u00e9tude de ses travaux, notamment les <em>Lieder eines fahrenden Gesellen<\/em>. En tous points, il est rest\u00e9 scrupuleusement attach\u00e9 aux intentions de Schoenberg. Sous sa forme r\u00e9duite, l&rsquo;\u0153uvre fut cr\u00e9\u00e9e en juillet 1982, sous la direction de Rainer Riehn lui-m\u00eame, lors des secondes \u00abSemaines musicales de Toblach\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Philippe Alb\u00e8ra<\/em><\/p>\n<p>[\/show_more]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Extraits \/ Excerpts<\/strong><\/p>\n[playlist images=\"false\" ids=\"37377,37374,37371,37368,37365,37359\"]\n","protected":false},"featured_media":37356,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false},"product_brand":[],"product_cat":[5218,5161,5175],"product_tag":[],"class_list":["post-37355","product","type-product","status-publish","has-post-thumbnail","vde_composers-mahler-gustav","vde_interprets-contrechamps-ensemble","vde_interprets-fassbender-hedwig","vde_interprets-jordan-armin","vde_interprets-wagner-james","product_cat-cascavelle-fr","product_cat-petits-ensembles","product_cat-recital","first","outofstock","taxable","shipping-taxable","purchasable","product-type-simple"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product\/37355","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product"}],"about":[{"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/product"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=37355"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/37356"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=37355"}],"wp:term":[{"taxonomy":"product_brand","embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product_brand?post=37355"},{"taxonomy":"product_cat","embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product_cat?post=37355"},{"taxonomy":"product_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product_tag?post=37355"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}