{"id":39981,"date":"2024-01-11T18:59:50","date_gmt":"2024-01-11T17:59:50","guid":{"rendered":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/?post_type=product&#038;p=39981"},"modified":"2025-05-28T09:54:13","modified_gmt":"2025-05-28T07:54:13","slug":"norah-zapata-prill-mare-nostrum-irma-weissenberg-perenyi","status":"publish","type":"product","link":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/produit\/norah-zapata-prill-mare-nostrum-irma-weissenberg-perenyi\/","title":{"rendered":"Norah Zapata Prill: Mare Nostrum &#8211; Irma Weissenberg Perenyi"},"content":{"rendered":"<p><strong>Norah Zapata PRILL: Mare Nostrum<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ernest BLOCH:<\/strong> From Jewish Life, B. 54: III. Jewish Song &#8211; <strong>Norah Zapata PRILL:<\/strong> N\u2019\u00e9merge pas &#8211; Nous n\u2019avons jamais \u00e9t\u00e9 aussi pr\u00e8s les uns des autres &#8211; Nous allons &#8211; Je suis de passage &#8211; Apr\u00e8s avoir n\u00e9goci\u00e9 avec le merle &#8211; <strong>Ernest BLOCH:<\/strong> From Jewish Life, B. 54: II. Supplication &#8211; <strong>Norah Zapata PRILL:<\/strong> Souviens-toi &#8211; Une embarcation de fortune pour mon malheur &#8211; Pauvret\u00e9 aux mille-pattes &#8211; Que diront les palmiers dattiers \u00e0 ta m\u00e8re? &#8211; Tu ne voulus pas quitter ton village &#8211; Le vieux &#8211; <strong>Ernest BLOCH:<\/strong> From Jewish Life, B. 54: I. Prayer &#8211; <strong>Norah Zapata PRILL:<\/strong> Je marche sur ces plages o\u00f9 la noyade menace &#8211; Peut-\u00eatre ne reviendrais-je plus &#8211; Si par hasard je ne reviens pas au printemps &#8211; Epilogue. On dit qu\u2019heureux est le voyageur qui \u00e0 son retour &#8211; <strong>Piotr Ilyich TCHAIKOVSKY:<\/strong> Romance in F Minor, Op. 5.<\/p>\n<p><strong>Roberto Sawicki<\/strong>, violon et direction artistique.<br \/>\n<strong>Elisabeth D\u00f6nni Kocher<\/strong>, piano.<br \/>\n<strong>Irma Weissenberg Perenyi<\/strong>, narratrice.<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>L\u2019\u00e9treinte du poulpe sera douce : TRAG\u00c9DIE ET TENDRESSE dans MARE NOSTRUM<\/strong><\/p>\n<p>Ce nouveau recueil de po\u00e8mes de Norah Zapata-Prill danse sur la corde raide de la tendresse, faisant de son auteur un funambule du vers, toujours attentive \u00e0 ne pas glisser vers le pi\u00e9tisme ou la morbidit\u00e9, capable de nous faire entrer sur la pointe des pieds dans des histoires d\u2019atroce douleur, v\u00e9ritables trag\u00e9dies de notre temps que la po\u00e9tesse bolivienne collecte avec respect et conte avec la m\u00eame d\u00e9licatesse.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas t\u00e2che facile si l\u2019on consid\u00e8re que le th\u00e8me du recueil de po\u00e8mes parle sans \u00e9quivoque de notre M\u00e9diterran\u00e9e comme d\u2019un cimeti\u00e8re de migrants. Nous sommes face \u00e0 une \u00e9quilibriste qui ne recourt pas \u00e0 l\u2019acrobatie, \u00e0 la virtuosit\u00e9 ou au coup d\u2019effet, mais capte plut\u00f4t l\u2019attention du lecteur avec des qualit\u00e9s diam\u00e9tralement oppos\u00e9es : une profondeur psychologique et \u00e9motionnelle, et un langage po\u00e9tique fondamental, familier et empathique. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 cela qu\u2019au fur et \u00e0 mesure que nous progressons dans la lecture, nous faisons de plus en plus n\u00f4tres les histoires de vie des protagonistes des diff\u00e9rents po\u00e8mes. Les autres \u2013 les migrants et l\u2019aventure incertaine et pleine de dangers de leur travers\u00e9e de la M\u00e9diterran\u00e9e \u2013 deviennent des visages connus, familiers, \u00e9loign\u00e9s des froides statistiques ou des images qui se r\u00e9p\u00e8tent dans des journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence d\u00e9rangeante mais omnipr\u00e9sente qui fait de tragiques ravages dans Mare Nostrum est sans aucun doute celle de la mort. Elle transforme les migrants en une masse anonyme, \u00e0 la fois compacte et ind\u00e9finie, sans histoire, les r\u00e9duisant \u00e0 de simples corps (Nous n\u2019avons jamais \u00e9t\u00e9 aussi pr\u00e8s les uns des autres\/Amoncel\u00e9s, \u00c9trangers, Muets, Ind\u00e9finis errants dans la sombre mer), jusqu\u2019\u00e0 ce que, tout \u00e0 coup, la po\u00e9tesse renverse le sens de cette absence de d\u00e9finition, sugg\u00e9rant aux migrants morts qu\u2019ils ne reviennent pas \u00e0 la lumi\u00e8re et qu\u2019ils ne r\u00e9v\u00e8lent pas leur identit\u00e9, si tout cela ne devait servir qu\u2019\u00e0 alimenter la chronique d\u2019un nouvel \u00e9chec ou la simple curiosit\u00e9 quant \u00e0 leur destin, un int\u00e9r\u00eat totalement absent alors qu\u2019ils \u00e9taient en vie (\u00ab Qu\u2019ils ne te nomment pas un de plus parmi tant d\u2019autres \/Laisse l\u2019humaine com\u00e9die tisser ses masques\/Qu\u2019ils ne te nomment pas\/Ne leur dis pas qui tu es. \u00bb). Los Olvidados (Les Oubli\u00e9s) est le titre d\u2019un po\u00e8me qui n\u2019est pas inclus dans ce recueil, mais qui illustre parfaitement la situation de nombreuses personnes opprim\u00e9es par les engrenages de l\u2019injustice, comme c\u2019est le cas des migrants, \u00e0 qui la po\u00e9tesse d\u00e9die son \u0153uvre actuelle.<\/p>\n<p>Comme le dit Vilma Tapia Anaya (1) : \u00ab L\u2019\u00e9criture de Norah Zapata-Prill contient peu de ce qui est sp\u00e9cifiquement bolivien , il n\u2019y a pas de nationalit\u00e9 qui s\u2019exprime, les racines et le territoire d\u2019origine s\u2019en tiennent \u00e0 l\u2019enfance [&#8230;]. Mais une des principales ressources de sa po\u00e9sie \u00e9tant le style conversationnel, les dialogues qui ont les voix fondamentales de la litt\u00e9rature nationale comme celles d\u2019\u00d3scar Cerruto, Juan Quir\u00f3s, Julio de la Vega, Ren\u00e9 Bascop\u00e9 Aspiazu, sont les diff\u00e9rents r\u00f4les qui s\u2019ajoutent, les semis pour la terre\/elle\/po\u00e9tesse , et la \u00ab passion transitoire \u00bb des \u00e9changes constitutifs d\u2019une histoire, celle de son \u00e9criture. \u00bb<\/p>\n<p>Ceci dit, il convient de noter que le th\u00e8me de la M\u00e9diterran\u00e9e, pr\u00e9sent dans la litt\u00e9rature de langue italienne (dont le panorama interne est compos\u00e9 de d\u00e9clinaisons, de perspectives et de formes tr\u00e8s diff\u00e9rentes), est moins r\u00e9current dans la litt\u00e9rature latino-am\u00e9ricaine, m\u00eame si des po\u00e8tes \u00e9minents, comme Ra\u00fal Zurita, ont consacr\u00e9 une partie de leurs efforts dans ce sens, comme c\u2019est le cas avec La Mer de la Douleur, une exposition qui a fait le tour du monde.<\/p>\n<p>Norah Zapata Prill, bolivienne de naissance, suisse d\u2019adoption et amoureuse de longue date des Pouilles, o\u00f9 elle a fond\u00e9 une Maison de la po\u00e9sie et un festival, concentre sur le plan biographique une complexit\u00e9 et une vari\u00e9t\u00e9 d\u2019identit\u00e9s qui trouvent leur prolongement naturel dans son \u00e9criture philosophique, dans sa pens\u00e9e et sa po\u00e9tique. Une partie de Norah est aussi m\u00e9diterran\u00e9enne, elle s\u2019indigne de l\u2019urgence humanitaire en M\u00e9diterran\u00e9e, elle cherche un langage po\u00e9tique pour reprendre et raconter tout cela de son point de vue. Elle choisit donc la forme br\u00e8ve, un registre familier, un langage simple, des espaces intimes et des confessions, m\u00eame si l\u2019on se retrouve souvent catapult\u00e9 au milieu des vagues ou dans des endroits \u00e9loign\u00e9s de nos cartes mentales quotidiennes. Surgissent alors des portraits humains denses dans lesquels, en l\u2019espace de quelques vers, on se retrouve \u00e0 ressentir une profonde intimit\u00e9, un d\u00e9sespoir, une nostalgie, mais aussi de la dignit\u00e9, de la douceur, de la pers\u00e9v\u00e9rance.<\/p>\n<p>Une perspective tr\u00e8s int\u00e9ressante dans ce livre est aussi celle d\u2019une vision non anthropocentrique de la r\u00e9alit\u00e9. Au-del\u00e0 de la sup\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019\u00eatre humain sur le monde animal, la douleur est le terrain d\u2019entente, ce qui les unit et les rapproche dans leur diversit\u00e9. Cela est \u00e9vident dans des po\u00e8mes comme le septi\u00e8me de ce recueil, \u00e0 travers la fusion extr\u00eame de la douleur maternelle humaine avec la douleur animale provoqu\u00e9e par la perte de sa propre prog\u00e9niture.<\/p>\n<p>Ainsi, dans un autre po\u00e8me tr\u00e8s intense, bien qu\u2019il s\u2019agisse du dernier message de la vie d\u2019un migrant, le protagoniste dit au revoir avec le sentiment qu\u2019un certain soulagement et une consolation lui viennent pr\u00e9cis\u00e9ment du monde marin : \u00ab Quelle plus joyeuse tombe que le chant azur des sir\u00e8nes ? \/ Mes nuits seront des hamacs sans insomnie \/ Sans la honte de n\u2019avoir pas mis pain sur la table \/ L\u2019\u00e9treinte des poulpes sera douce. \u00bb Enfin, le contraste entre les profondeurs de la mer, o\u00f9 on touche \u00e0 l\u2019ab\u00eeme o\u00f9 se termine la vie terrestre des migrants, et le ciel, p\u00f4le oppos\u00e9 o\u00f9 ils arrivent, par une transmigration de l\u2019\u00e2me, de l\u2019obscurit\u00e9 des eaux vers la transparence de la vo\u00fbte c\u00e9leste. Ce n\u2019est pas un hasard si les oiseaux volent \u00e0 travers les pages de ce livre. Mon chagrin va se muter en fuite, dit une autre voix dans ce ch\u0153ur de migrants constamment suspendus entre le drame incommensurable, les souvenirs d\u2019horreur, parfois tendres aussi, et la vision persistante d\u2019une r\u00e9demption pas trop lointaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em><strong>Lucia Cupertino<\/strong> (trad. Irma Weissenberg Perenyi)<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"https:\/\/vdegallo.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/CD-1704-Booklet.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">CD-1704 Booklet.pdf<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Extraits \/ Excerpts<\/strong><\/p>\n[playlist images=\"false\" ids=\"40045,39988,39994,39997,40000,40003,40006,40009,40012,40015,40018,40021,40024,40027,40030,40033,40036,40039,40042\"]\n","protected":false},"featured_media":39985,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false},"product_brand":[],"product_cat":[5155,5160],"product_tag":[],"class_list":["post-39981","product","type-product","status-publish","has-post-thumbnail","vde_composers-bloch-ernest","vde_composers-prill-norah-zapata","vde_composers-tchaikovsky-piotr-ilyich","vde_interprets-donni-kocher-elisabeth","vde_interprets-sawicki-roberto","vde_interprets-weissenberg-perenyi-irma","product_cat-nos-nouveautes","product_cat-poesie-textes-contes","first","instock","taxable","shipping-taxable","purchasable","product-type-simple"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product\/39981","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product"}],"about":[{"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/product"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=39981"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/39985"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=39981"}],"wp:term":[{"taxonomy":"product_brand","embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product_brand?post=39981"},{"taxonomy":"product_cat","embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product_cat?post=39981"},{"taxonomy":"product_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/vdegallo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/product_tag?post=39981"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}