Extraits / Excerpts
Extraits de Concert: Corelli - Mozart - Tartini - Elgar: Charlotte Meyer, violon - Virginie Falquet, piano (Live)
Arcangelo CORELLI: Sonata, Op. 5, No. 12, « La Follia »: Thème et 23 variations – Giuseppe TARTINI: Sonata in G Minor, « Il trillo del diavolo »: I. Larghetto affettuoso – II. Allegro – III. Andante-Allegro-Adagio – Wolfgang Amadeus MOZART: Violin Sonata No. 21 in E Minor, K. 304: I. Allegro – II. Tempo di Minuetto – Edward ELGAR: Salut d’amour, Op. 12
Charlotte Meyer, violon
Virginie Falquet, piano
Arcangelo Corelli fut le plus célèbre violoniste de son temps. Il exerça principalement son art à Rome où il bénéficia du mécénat de plusieurs personnes haut placées, de la reine Christine de Suède au cardinal Ottoboni. Il eut l’occasion de diriger des orchestres parfois nombreux – plus de 200 musiciens – ainsi que de plus petits ensembles. Son œuvre fit l’objet d’éditions qui remportèrent un grand succès dans toute l’Europe. Corelli nous laisse une œuvre concentrée : six opus, concertos et sonates. Sa plus fameuse sonate est la douzième de l’Opus 5, qui consiste en variations sur l’air de la Follia, originairement une danse venue d’Espagne : 23 variations dont une cadence laissée à la verve improvisatrice de l’exécutant, qui sonne ici d’une manière moderne, un peu… diabolique !
Giuseppe Tartini est né à Pirano, près de Trieste. Ses parents le destinent à une carrière ecclésiastique, mais Giuseppe refuse et va étudier le droit à Padoue. Il se passionne alors pour l’escrime. Mais entre-temps il tombe amoureux d’une nièce du cardinal de l’endroit, Elisabetta Premazore, qu’il épouse secrètement en 1710. Accusé d’enlèvement par le cardinal, il doit s’enfuir, déguisé en pèlerin, trouvant refuge dans un monastère d’Assise où l’abbé est un parent. C’est là qu’il se remet à l’étude du violon, avec le Tchèque Bohuslav Matěj Černohorský. Il joue dans l’église, derrière un rideau… qui finit un jour par se lever sur un coup de vent ! Tartini se croit perdu, mais le cardinal lui a pardonné, grâce à l’intercession de son épouse, et vient le chercher pour le ramener à Padoue en 1714. C’est donc vraisemblablement à Assise qu’en 1713 il rêve du diable et que, selon ses dires, ce diable, empruntant son violon, lui joua une sonate : « … J’éprouvai tant de surprise, de ravissement, de plaisir, que j’en perdis la respiration. Je fus réveillé par cette violente sensation. Je pris à l’instant mon violon, dans l’espoir de retrouver une partie de ce que je venais d’entendre ; ce fut en vain. La pièce que je composai alors est, à la vérité, la meilleure que j’aie jamais faite, et je l’appelle encore la Sonate du diable ».
Plus d’un demi-siècle après, le jeune Mozart, à 22 ans, se trouve en tournée à Paris, accompagné par sa mère. Mais subitement celle-ci meurt « de fièvres »… Sous le coup de son chagrin, il compose la Sonate en mi, la seule œuvre mineure de tout son recueil. Un premier mouvement sombre reflète le caractère tourmenté, très « Sturm und Drang » du jeune musicien, alors que le second conduit l’œuvre vers un apaisement consolateur, déjà schubertien.
Pierre Hugli
- Catégories
- Compositeurs
- Interprètes
- Booklet
