Rachmaninoff - Ravel - Mendelssohn - Martha Argerich & Alexandre Rabinovitch-Barakovsky - Live in Luxembourg 2006

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Rachmaninoff - Ravel - Mendelssohn - Martha Argerich & Alexandre Rabinovitch-Barakovsky - Live in Luxembourg 2006

VEL1742

Martha Argerich, Alexandre Rabinovitch-Barakovsky, Live in Luxembourg 2006

Sergei RACHMANINOFF: Suite No. 2 for 2 Pianos, Op. 17: I. Introduction – II. Valse – III. Romance – IV. Tarantelle – Suite No. 1 for 2 Pianos, Op. 5: I. Barcarolle – II. La nuit… L’amour – III. Larmes – IV. Pâques – Maurice RAVEL: Ma mère l’Oye, M.60: III. Laideronnette, Impératrice des pagodes – Johannes BRAHMS: 16 Waltzes, Op. 39: No. 15 in A-Flat Major – Sergei RACHMANINOFF: 10 Preludes, Op. 23: No. 6, Andante in E-Flat Major – No. 7, Allegro in C Minor – Felix MENDELSSOHN: Lieder ohne Worte, Op. 62, MWV U 161: No. 6, Frühlingslied. Allegretto grazioso – Sergei RACHMANINOFF: 10 Preludes, Op. 23: No. 5 Alla marcia in G Minor.

Martha Argerich & Alexandre Rabinovitch-Barakovsky, piano.

Article Wikipedia


Au commencement, la naissance à Bakou (en 1945), où j’ai passé mes premières années d’existence. Une petite précision – je suis russe portant un nom juif. (Russe par ma mère).

Mes premiers souvenirs musicaux sont liés à l’écoute quotidienne de la Marche funèbre de Chopin jouée par les orchestres fanfares lors de processions funéraires quotidiennes dans les rues de Bakou. En dehors de la musique aussi lancinante, mon éducation musicale s’était enrichie de l’écoute épisodique de deux disques 78 tours – avec les extraits de l’opéra Faust de Gounod : la Valse et l’air de Méphistophélès (Le veau d’or) avec Feodor Chaliapin.

En 1955, j’ai dû effectuer seul le voyage en avion me ramenant de Bakou à Moscou pour que je puisse faire la connaissance de mes parents. Ayant déjà assimilé l’habitude de flâner dans les rues, je me suis trouvé devant le théâtre de Stanislavsky et, ayant deux roubles dans les poches, j’ai pu acheter le billet et me retrouver pour la première fois dans un théâtre magique. Et la magie des trois premiers accords de la Tosca de Puccini avait prédéterminé mon destin futur, associé désormais à l’écriture de notes de musique sur du papier blanc comme neige et qui peut tout supporter.

Bonne nouvelle – à 12 ans, je parviens finalement à entamer mes études de composition en compagnie de Nikolai Korndorf chez notre professeur Grigory Frid.

Deux ans plus tard, j’ai quand même décidé d’apprendre le jeu pianistique chez Nathan Fischman, grand spécialiste du déchiffrage des cahiers d’esquisses de Beethoven (presque indéchiffrables, à vrai dire). Je garde précieusement ces trois volumes contenant des analyses très subtiles de Nathan Fischman de l’ébauche et de l’évolution ultérieure de la réflexion créatrice beethovenienne. En fait, mes études du jeu pianistique n’ont duré que quatre ans. Ensuite, j’ai été obligé d’arrêter cet apprentissage en raison de sérieux problèmes avec mes mains.

1963-1967 – les études de la composition au Conservatoire de Moscou avec Alexandre Piroumov et Dmitry Kabalevsky.

1967-1974 – le mariage, la naissance de ma fille, Maria. J’essaie de renouer mes relations avortées avec le piano, cet instrument indomptable. Et c’est ainsi que je suis parvenu à présenter au public les merveilleux 20 Regards sur l’Enfant Jésus de Messiaen, la 2ème Sonate de Ives ainsi que les Klavierstücke du compositeur né sur l’étoile Sirius (comme tout le monde le sait). Ce qui est assez curieux, c’est qu’à l’époque je préférais jouer toutes ces œuvres par cœur, ce qui n’était pas du tout nécessaire…

Alexandre Rabinovitch-Barakovsky, 30.01.2025


…Un modèle de créativité à deux âmes, à deux cœurs, que porte une même exigence de perfection entre justesse émotionnelle et idéal esthétique.
Ce disque doit être entre toutes les mains, artistiquement éblouissant, il inspire et exprime ce que l’acte musical, de surcroît ainsi partagé à 4 mains peut réaliser de meilleur.
Une sorte de miracle musical qui porte aux cimes célestes ; carrément (cf. le flux extatique de « La nuit… L’amour », révélant un Rachmaninov lisztéen qui rejoint les étoiles).
Au programme, les 2 Suites de Rachmaninov, et quelques « encores »(bis), tout aussi magiciens, Ravel, Brahms…

Si le premier épisode de la Suite n°2, est d’exposition et déjà d’une furieuse énergie, la Valse qui suit donne la mesure de la performance : crépitante et scintillante, d’une maîtrise agogique exceptionnelle, révélant dans cette Valse : et la complicité superlative des deux pianistes, et pour chacun, une hypersensibilité qui coulant de source, se dévoile complémentaire à l’autre ; la versatilité des climats de la Valse, en cela suivi idéalement par l’approche non moins exceptionnelle de la Romance, qui suit, alterne précipitations impérieuses et élans suaves des plus suggestifs (fin éthérée, murmurée, éperdue de la dite Romance) ; phrasés ciselés en contrastes exacerbés, d’une mesure à l’autre, dans une entente souveraine.

De tels crépitements qui dans le jeu simultané, étagé, croisé des 4 mains, font surgir des jaillissements expressifs ardents, fulgurants, rappellent les chants et contre-chants des Concertos pour piano (surtout le n°3, récemment restitué par une archive du lauréat du Concours Cliburn 2022, Yunchan LIM, superbe live édité par Decca au printemps 2025, lui aussi – également salué par le CLIC de CLASSIQUENEWS…).

Tout le programme de ce live mythique, est de la même eau, avec une Suite n°1, plus enivrante et poétiquement éperdue, alliant suprême naturel et flux expressif virtuose.

Le label Cascavelle nous régale en nous offrant ainsi une performance artistique anthologique.

La preuve est bel et bien apporté ici qu’un miracle musical est possible en concert ; d’autant mieux transmis que la prise de son est remarquablement proche et détaillée.

CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2025


Cascavelle réédite l’enregistrement en direct de deux figures légendaires, le duo Argerich/Rabinovitch, capté au Festival d’Echternach, à la Philharmonie de Luxembourg, le 24 mai 2006.
J’ai longuement hésité avant de coucher ces mots sur le papier. Il existe en effet des performances qui jalonnent l’histoire de la musique classique moderne, et celle-ci en fait incontestablement partie.
Face à un tel constat, que dire de plus, si ce n’est ajouter des superlatifs à n’en plus finir, ou développer le thème du « Je t’aime, moi non plus » ?
Cet enregistrement est exceptionnel car les deux interprètes semblent atteindre un niveau de brillance égal, se nourrissant et se développant mutuellement de leur incroyable énergie.

Ce disque réunit deux enregistrements en direct distincts : le plus récent, donné à Luxembourg, est un récital pour piano à quatre mains ; le plus ancien a été enregistré au Cloître des Jacobins à Toulouse dix ans auparavant, par Alexandre Rabinovitch-Barakovsky.

L’enregistrement luxembourgeois bénéficie également d’une meilleure qualité sonore (ou d’un travail de post-production plus abouti).

Le programme fait la part belle à Rachmaninov, avec les Suites n° 1 opus 5 et n° 2 opus 17, ainsi que les Préludes n° 5, 6 et 7 opus 23.
Pour compléter un programme marqué par la virtuosité, quoi de plus naturel que d’y trouver également un extrait de Ma mère l’Oye de Maurice Ravel et la Valse n° 15 opus 39 de Johannes Brahms ?

Bien entendu, la première partie du disque, consacrée au duo de pianos, est la plus exaltante.
Et bien que Martha Argerich nous ait offert un nombre incroyable de chefs-d’œuvre interprétés en duo, celui-ci se distingue comme un véritable chef-d’œuvre.
On pourrait presque croire entendre une pianiste et son sosie, si ce n’est que le résultat semble dépasser la simple somme des deux.

Il existe en effet toujours une certaine distance entre les deux interprètes dans ce type de récital pour deux pianos. Souvent, cette distance alimente une forme de dialogue concerté, comme si la dualité sonore était imposée par la simple présence de deux musiciens.

Ici, pourtant, cette légère séparation est difficile à percevoir. Il règne une harmonie rare, une unité qui joue à l’unisson, ou du moins qui unit deux sensibilités si proches qu’elles semblent fusionner constamment.

Je tiens néanmoins à souligner que cela ne diminue en rien la remarquable interprétation d’Alexandre Rabinovitch-Barakovsky dans les trois Préludes opus 23 (5, 6 et 7) de Rachmaninov, qui demeure exceptionnelle.

En effet, cette captation du Cloître des Jacobins de Toulouse déploie une énergie et un sens du rythme extraordinaires.
Sans ce somptueux duo d’ouverture, cet enregistrement toulousain figurerait sans aucun doute parmi les meilleures interprétations publiques de ces trois Préludes.

Un album à écouter ou à réécouter sans tarder.

Audiophile Magazine


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