Extraits / Excerpts
Mussorgsky: Tableaux d'une exposition - Marc Fitze, Orgue-Célesta
Modest MUSSORGSKY: Tableaux d’une exposition: Promenade – Allegro giusto, nel modo russico; senza allegrezza – I. Gnomus – Promenade – Moderato commodo assai con delicatezza – II. Il vecchio Castello – Promenade – Moderato non tanto, pesamente – III. Tuileries. Dispute d’enfants après jeux – IV. Bydlo – Promenade – Tranquillo – V. Ballet des poussins dans leur coque – VI. Samuel Goldenberg et Schmuyle – VII. Limoges. Le Marché – VIII. Catacombae. Sepulcrum romanum – Cum mortuis in lingua mortua – IX. La cabane sur des pattes de poules. Baba-Yaga – X. La grande porte de Kiev – Pyotr Iliych THAIKOVSKY: The Nutcracker Suite, Op. 71a, TH 35: IIb. Danses caractéristiques. Danse de la Fée Dragée – Paul JUON: Berceuse, Op. 1, No. 5 (Arr. for Harmonium by Karg-Elert) – Idylle “Pan et la Syrinx”, Op. 18 No. 2 (Arr. for Harmonium by Karg-Elert) – Élégie “Napaïe en profonde affliction”, Op. 18, No. 6 (Arr. for Harmonium by Karg-Elert) – Rêverie “Oreade songeuse”, Op. 18, No. 3 (Arr. for Harmonium by Karg-Elert) – Duettino, Op. 1, No. 4 (Arr. for Harmonium by Karg-Elert).
Marc Fitze, Orgue-Célesta.
Les Transcriptions
Il n’existe aucune œuvre musicale ayant suscité autant de transcriptions que les «Tableaux d’une exposition» de Modest Mussorgsky. Dès sa première publication posthume en 1886, éditée par Rimski-Korsakov, l’œuvre se présente sous une forme remaniée. Même les éditions ultérieures en fac-similé du manuscrit de 1874 n’ont pas empêché que le contraste entre la monumentalité des visions sonores de Mussorgsky et la relative simplicité de son écriture pianistique inspire les pianistes (Vladimir Horowitz, Arcadi Volodos, entre autres) à des enrichissements virtuoses, et les chefs d’orchestre à des orchestrations aux couleurs variées. Parmi les nombreuses adaptations orchestrales – de Mikhaïl Touchmalov (1889), Henry Wood (1915), Leopold Stokowski (1939), Sergueï Gortchakov (1954) ou Dmitri Ashkenazy (1982) – , celle de Maurice Ravel, réalisée en 1922, demeure la plus marquante. Elle a conféré à l’œuvre de Moussorgski une renommée internationale et influencé durablement toutes les versions orchestrales ultérieures. On pourrait ainsi affirmer que le manuscrit original appelle presque naturellement à l’adaptation.
L’Orgue-Célesta
L’arrangement pour harmonium-célesta de Marc Fitze se situe à mi-chemin entre la version originale pour piano et les orchestrations. Le fait que la partition de Mussorgsky puisse être rendue avec tant d’efficacité sur l’harmonium tient à la nature même de cet instrument, conçu précisément pour enrichir le piano par les couleurs orchestrales et la dynamique expressive d’un orchestre. Les nombreux duos pour piano et harmonium, ainsi que les instruments hybrides réunissant les deux mécanismes, s’inscrivent dans une tradition de visée pianistique-symphonique: depuis la physharmonika, glissée sous le clavier du piano, en passant par le piano-orgue à plusieurs claviers de Franz Liszt, jusqu’à l’extrême raffinement sonore de l’orgue-célesta breveté par Victor Mustel en 1888. Cet instrument permet, grâce à la combinaison de l’attaque dynamique du célesta et de la modulation de l’air propre à l’harmonium, une richesse d’effets sonores symphoniques remarquable.
L’orgue-célesta #484-37 utilisé pour cet enregistrement est le troisième instrument construit par Mustel en 1889, immédiatement après l’obtention du brevet. Il se distingue par la mécanique Broadwood de la célesta, offrant une grande subtilité d’interprétation, ainsi que l’intonation particulièrement puissante et en même temps veloutée des jeux de l’harmonium.
Marc Fitze est l’un des organistes les plus présents sur la scène internationale de sa génération. Invité régulier des grands centres d’orgue en Europe, en Russie, au Japon et sur les deux continents américains, il est vice-président de l’Association Jehan Alain, succédant à Marie-Claire Alain. Spécialiste reconnu, il enseigne l’orgue au Conservatoire de Berne et la facture d’orgue à la Haute école des arts de la même ville. Formé par Guy Bovet à Bâle et Yuko Hayashi à Boston, il a poursuivi ses études auprès de Luigi Fernando Tagliavini, Marie-Claire Alain, William Porter, Peter Planyavsky, Joris Verdin et Jean Boyer. Il est également harmoniumiste reconnu, collectionneur de claviers anciens et auteur d’œuvres pour orgue et d’écrits pédagogiques.
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